Kytionnaire : Take it easy

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Take it easy


Un jeu de tuiles
De Peter Burley
Par FX Schmid, 1994
Jouable en 15 minutes
Pour 2 à 4 joueurs
Niveau Facile
Genre Placements

Faites des lignes de couleurs et de valeurs pour obtenir le meilleur total possible.

Principe



   Tous les joueurs ont les mêmes pièces à poser chacun sur son propre plateau de jeu. Chaque pièce est un hexagone traversé par trois lignes de couleurs différentes, chaque couleur étant associée à un nombre entre 1 et 9. Le vainqueur est celui qui obtient le plus fort total de points en additionnant les valeurs de chacune de ses lignes complètement unicolores (la valeur est fonction du nombre inscrit sur la ligne de couleur et du nombre d'hexagone de cette ligne).
Après que chacun ait pris son plateau de jeu et placé ses hexagones face visible à côté de celui-ci, le meneur de jeu mélange ses hexagones face cachée. Puis, à chaque tour, il va piocher un de ses hexagone et annoncer sa valeur aux autres joueurs. Ceux-ci cherchent l'hexagone indiqué parmi les leurs puis chacun essaie de placer au mieux sa pièce sur sa grille de jeu.
Lorsque le plateau est complètement rempli d'hexagone, on fait le total des valeurs de toutes les lignes réussies. Le joueur qui a le meilleur score est le vainqueur.

Avis



  Take it Easy a un goût de Poker-Duplicate sans en avoir les inconvénients: au Poker-Duplicate, si on utilise des jeux de cartes de taille normale, il faut pas mal de place pour faire les carrés 5×5 de chaque joueur; on ne peut jouer une carte que contre une carte déjà posée; les joueurs doivent connaître les différentes combinaisons du Poker pour jouer au Poker-Duplicate (ce qui peut prendre du temps à expliquer à un novice) et le décompte des points est compliqué par la valeur de chaque combinaison. A Take it Easy, tous ces problèmes sont évités: peu de place nécessaire; des couleurs bien distinctes pour faire ses lignes (à la limite, même un enfant qui ne sait pas encore compter peut jouer en essayant de faire des lignes de couleur); la possibilité de jouer une pièce où on veut (ce qui permet de ne pas saccager ses chances dès les premiers coups); une simple série de multiplications et d'additions pour le décompte des points (bon, là il vaut mieux se munir d'une petite calculette).
Take it Easy a aussi un air de Bingo espagnol (qui fait gagner ou perdre des sous). Mais la comparaison s'arrête là car, ici, on n'y gagne que le plaisir de jouer et on peut maîtriser le hasard; on ne fait pas qu'attendre et poser docilement un pion là où il faut. Pourtant, le jeu n'est guère plus compliqué. Quand tout le monde a compris la règle (ce qui ne prend pas longtemps), c'est une joie pour chacun d'attendre l'annonce de la pièce à prendre pour pouvoir compléter ses lignes: certains se font surprendre à copier discrètement les placements des adversaires performants, d'autres ne cessent de changer la place de la pièce à poser, et se rendent compte au tirage de la pièce suivante qu'ils auraient du suivre leur instinct en jouant le premier coup qu'ils avaient choisi... une grande activité étreint tout le monde et chacun se bat avec ses facultés à maîtriser le hasard, à faire le bon pari sur le futur. L'interactivité n'est pas forte: les joueurs ne se parlent pas trop, ils sont occupés à étudier leurs grilles; certains se plaignent du meneur de jeu qui ne pioche pas selon leur désir... Une angoisse paraît, lors des derniers tirages, de voir si la pièce sur laquelle on compte pour faire trois lignes d'un coup va enfin sortir. Le jeu est ainsi fait: c'est souvent sur les derniers coups que semble se faire la décision ('semble' car il y a certainement de bonnes et de moins bonnes façons de gérer son jeu et, dès le départ, un bon joueur peut avoir pris une option notoire sur la suite de la partie). On pourrait dire que ce jeu a des défauts: manque d'interactivité, simplicité et parties qui doivent se ressembler à la longue, et pourtant le plaisir est là, si grand que même ceux qui n'étaient pas partants (parce qu'ils ne devaient pas connaître) se prennent au jeu et réclament leur revanche. Les parties se suivent rapidement et on a la possibilité de tester de nouvelles stratégies (points assurés; risques maximum; j'attends chaque pièce pour voir ce que je décide). On s'aperçoit qu'on ne peut pas se permettre de jouer n'importe comment: il y a certainement possibilité de faire mieux... Et on y rejoue...
Bon jeu stratégique (comment envisager l'ensemble des lignes à faire sachant que certaines d'entre elles, plus difficiles à réaliser, rapportent aussi beaucoup plus de points?) et tactique (comment poser la pièce à jouer pour espérer quand même marquer des points si elle ne s'intègre pas dans ce qu'on avait prévu?), Take it Easy est certainement un jeu à posséder. Il peut rassembler un grand nombre de participants de tous âges et son air de loto, avec l'annonce de la pièce à prendre puis tous les yeux qui se penchent vers le carton de jeu, donne à une soirée de jeu une ambiance mémorable. Le calcul des points, chacun son tour, amène souvent son lot de surprise: celui qui était fier de sa grille réalise qu'il est dernier et celui qui passait son temps à se plaindre du tirage peut avoir finalement le meilleur score.
Jeu abstrait, sans thème artificiellement ajouté, Take it Easy en devient indémodable (un petit classique?). Sorti il y a un bon moment, nommé au Spiel des Jahres en 1994, battu par Manhattan (pas de honte à avoir), vainqueur du Games Magazine Best Family Game en 1997, il reste une référence sur ce que doit être, pour moi, un jeu: accessible à tous; plaisant aux jeunes et aux moins jeunes; simple mais non dénué de subtilité; demandant réflexion mais pas épuisement. Le seul problème est que s'il plaît, vous aurez du mal à faire jouer vos amis à autre chose.


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