Kytionnaire : Pecking order

Kytionnaire : Pecking order

Accueil

Liens

Contact

Pecking Order


Un jeu de société
De Richard Garfield
Par Winning Moves, 2006
Jouable en 45 minutes
Pour 2 joueurs
Niveau Facile
Genre Placement, Bluff

Lorsque l'Homme a disparu, la nature reprend le dessus: deux clans d'oiseaux luttent pour la suprématie dans l'espace libéré.

Principe



     Chaque joueur possède 13 cartes qui correspondent à son clan de 12 oiseaux - numérotés de 1 à 12 - plus un jaguar. Les jeux des deux joueurs sont exactement identiques.
Chacun va tenter de placer ses cartes oiseaux sur les perchoirs les plus recherchés d'un plateau de jeu qui représente une cité perdue dans une jungle oubliée.
A chaque perchoir correspond un nombre de points, de 1 à 10, avec le 8 en double, qui peut apporter un bonus, et le 1 et le 3 qui ont un effet particulier.
Lorsque toutes les cartes ont été jouées, celui qui a le plus de points, selon les perchoirs accueillant ses oiseaux, gagne.

Le jeu se déroule alternativement entre les deux joueurs dont le tour consiste en: piocher une carte, choisir un perchoir pour y mettre sa carte face cachée et, si le perchoir choisi est occupé, demander à l'adversaire de bien vouloir montrer l'animal qui l'occupe afin de pouvoir dire, honnêtement (car on ne dévoile pas la carte qui attaque), si on a l'animal de plus grande valeur sur cette position. Le perchoir 1 prend toute sa force en cas d'égalité sur un perchoir puisqu'il donne l'avantage à celui qui le possède.

A part ça, c'est tout pour la règle (NdlR: comment pourrai-je un jour créer un jeu aussi subtil avec une règle aussi simple? Richard et Reiner ne font que prendre toutes les bonnes idées). On peut juste ajouter que le perchoir 3 est un promontoire qui permet de regarder qui occupe un autre perchoir au moment où on en prend possession, et le jaguar ne se perche pas mais dévore l'oiseau auquel il est confronté puis quitte la partie (s'il est toujours là lors du décompte, on ne compte pas les points pour son perchoir parce qu'il est pas de la bande).

Avis



    Pecking Order est encore un réussite de Richard Garfield (auteur de l'immensément célèbre - et immensément ruineux - "Magic: The Gathering", mais aussi de RoboRally, du Great Dalmuti, de Star Wars TCG et Vampire: TES, et du génial Netrunner qui n'est plus édité et mérite la première place au Panthéon des jeux car c'est 'Le Jeu' qui donne l'impression d'y être).
Dans son genre, Pecking Order donne aussi un peu l'impression d'y être. Non pas qu'on se prend pour un oiseau (sinon je pourrais mettre un lien ici pour consulter un psy) mais, tels ses oiseaux qui vont se réapproprier ce que l'Homme a perdu, le joueur peut tater de ce qu'est l'évolution: une succession de victoires, défaites, adaptation et reprise du cycle. Le Jeu a l'avantage sur la Vie de ne pas éliminer définitivement le plus faible qui pourra dès lors revenir, plus fort, à l'assaut.
Pecking Order est ce genre de jeu que j'affectionne particulièrement car il a le cocktail parfait de stratégie, de hasard, de tactique et de ruse qui permettent, au mieux préparé de gagner; au moins aguerri d'avoir ses chances; au malchanceux de rattraper un tirage défavorable; et au plus malin de tenter une manoeuvre pour s'en tirer.
Aux échecs et à nombre d'autres jeux, la différence de niveau entre les joueurs peut être un véritable écueil et on ne sortira pas facilement de la configuration maître/élève - dominant/dominé. Pecking Order offre l'avantage immédiat de ne pas entrainer une telle configuration. L'observation de l'adversaire, l'adaptation à sa stratégie, la sortie des cartes pas forcément dans l'ordre désiré font que ce jeu est potentiellement inépuisable puisque chaque évolution d'un joueur peut entrainer une adaptation de l'adversaire et, du coup, un regain d'intérêt.
Deux petites notes:
- Le joueur qui attaque une position ne dévoile pas sa carte, on suppose qu'il ne va pas tricher lorsqu'il désignera le vainqueur, même si cela n'est pas expressement demandé dans la règle. On pourrait tricher mais, dans ce cas, le jeu devient vite inintéressant, se résumant souvent à une succession de combats sur la position 10. On pourrait aussi décider que le joueur qui se voit déclaré perdant puisse accuser l'autre de menteur (reprenant position s'il a raison, perdant une carte s'il a tort) mais la pureté du jeu serait atteinte par l'adjonction de cette phase (mieux vaudrait partir sur cette idée pour inventer un autre jeu mais pas pour améliorer Pecking Order qui n'en a pas besoin).
- J'aurais bien vu une boîte plus petite (puisque l'essentiel de la taille de la boîte est justifié par le plateau rigide). Une petite boîte (style Top Trumps du même éditeur ou genre jeu de cartes normal), avec un plateau dépliant souple, pour l'emmener partout... en pique-nique pour défier la belle-mère, en vacances, sans sacrifier sa paire de tong préférée... Je ne suis pas spécialiste des études de marché mais je suis certain que ce jeu mériterait un tel format lui permettant de rester dans ma poche partout où je vais, au cas où. En attendant, je suis quand même content d'y jouer sur son grand plateau.


Références

Aucune référence pour l'instant.

infos légales